|
Nous traiterons les points suivants :
1. L'importance des mots et leur place dans l'énoncé (cliquer ici)
2. La structure régressive du groupe verbal (cliquer ici)
3. La négation de l'énoncé (cliquer ici)
4. L'enclavement et le désenclavement (cliquer ici)
5. Les énonciatives bipolaires (cliquer ici)
La fonction "recherche" permet de retrouver, dans l'ensemble de la rubrique, tout ou partie d'un mot allemand.
Une vision claire et synthétique de la structure de la phrase allemande facilite grandement l'approche du thème. Or cette phrase est complexe. La grammaire détermine la place des mots, ce qu'il est convenu d'appeler la syntaxe, mais ces mêmes mots subissent aussi la loi générale de l'intention du locuteur, qui a selon les cas une liberté plus ou moins grande. Mais ce n'est pas tout. On observe dans ces questions de construction de phrase la grande importance de l'accentuation, qui soit accompagne logiquement la position des mots, soit permet de ne pas les déplacer, l'accent pouvant déterminer à lui tout seul l'importance du mot dans la phrase, comme on va le voir. L'identification des trois accents de la phrase possibles (accent principal, accent secondaire, suraccentuation) va donc de pair avec l'analyse des structures, elle se révèle parfois indispensable, notamment pour ce qui concerne la place de la négation.
1. L'importance des mots et leur place dans l'énoncé
1 La règle générale est qu'il convient d'énoncer d'abord ce qui est connu, ce qui a moins d'importance (appelé le "thème"), pour faire progresser l'information vers l'essentiel (appelé le "rhème"). Les éléments considérés comme plus importants seront donc accentués et placés après les autres, à droite de l'énoncé. Cela commence avec une simple paire de mots. Exemples (le mot accentué est souligné) :
Er nannte die Bundesrepublik Deutschland.
Das ist die traditionelle Rolle der Mutter.
Vor unserer Garage stand Müllers Auto.
Karin schlief in meinem Bett.
Hanna wollte sofort nach Hause gehen.
Drei Jahre nach der Scheidung lebte sie immer noch in Bamberg.
a) L'ajout de la particule es, dite explétive, permet de déplacer vers la fin l'élément voulu (qui est accentué ; c'est le rhème) :
Es waren doch schließlich einige Verwandte gekommen.
Es wurde dann getanzt und gelacht, und zwar die ganze Nacht!
b) Si la phrase est constituée de plusieurs propositions, la plus importante sera à la fin. L'élément accentué de cette dernière proposition portera l'accent de toute la phrase, donc l’accent principal, chaque proposition précédente portant au moins un accent secondaire (une même proposition peut en effet comporter plusieurs accents). Le concept de proposition principale ou subordonnée ne se réfère donc pas à l'importance de l'une ou de l'autre, mais au simple fait grammatical que la subordonnée a besoin d'une principale pour exister. Exemples (accents secondaires et principaux et soulignés) :
Da er mich die ganze Zeit offenbar belogen hatte, erzählte ich seiner Frau die ganze Geschichte.
Es ist ein verwunderlicher Tatbestand, dass es außerordentlich wenige der ganz Großen gibt, die durch die Jahrtausende bleiben. (Karl Jaspers, Die großen Philosophen)
Dass sie ihn verraten hatten, war kaum zu fassen.
c) Certaines subordonnées ne pourront pas se trouver en tête d'énoncé, par exemple celles qui résument ce qui précède, ou les consécutives introduites par so dass :
Er hat alles fallen lassen, was mich nicht überrascht
hat.
Sie hatte hohes Fieber, so dass sie das Bett hüten musste.
Ich sah, wie er langsam über den Platz ging.
Sie hörte, wie die Kinder ganz laut sangen.
Ich fühlte, wie mein Bein allmählich steif wurde.
2 La place des pronoms
a) Il est donc logique que les pronoms, faisant par définition référence à des éléments connus, soient placés avant les autres, particulièrement les pronoms réfléchis :
Ich erfuhr, dass sie sich abends oft im Garten unterhielten.
b) Le pronom complément (ici ihn, ihm) doit précéder le substantif sujet :
Da er Fieber hatte, musste ihn der Arzt krank schreiben.
Er sagte kein Wort, weil ihm das grobe Auftreten der unerwünschten Gäste missfiel.
* La langue étant un organisme vivant, beaucoup d'Allemands ont tendance à repousser ce pronom et disent :
…weil das grobe Auftreten der unerwünschten Gäste ihm missfiel.
c) En dehors de ces variations, le pronom à l'accusatif précèdera toujours le pronom au datif :
Ich habe es ihm persönlich gegeben, er hat nicht gelogen.
3 L'ordre des compléments
a) Le substantif au datif précède en général le complément à l'accusatif, censé apporter l'information importante (on dit que le "thème" précède le "rhème"). Le complément désignant un être animé précède celui désignant une chose inanimée quand les deux compléments sont à l’accusatif : Die Kinder wollten ihrer Mutter einen Blumenstrauß überreichen. Die zwei Euro hatten sie aber nicht; was tun?
Hat Anja dem Lehrer die Arbeit abgegeben?
Die Englischlehrerin wollte die Schüler die neuen Vokabeln abfragen.
Das wird deinen Bruder dreißig Euro kosten.
b) Quand la phrase comporte plusieurs circonstants, on exprime le plus souvent d'abord le temps, puis la cause, le mode, le lieu : Meine Schwester Paula ist gestern wegen heftiger Kopfschmerzen mit einem Taxi nach Hause gefahren.
c) L'ordre des compléments peut toujours être modifié en fonction de l'intention du locuteur ; le circonstant privilégié sera donc repoussé vers la droite et accentué :
Hat Anja die Arbeit dem Lehrer abgegeben, oder einem anderen Schüler?
Sie kam mit ihren Geschenken erst am Nachmittag zurück.
4 Le premier élément de l'énoncé
a) La proposition commence le plus souvent par le sujet ou un élément de moindre importance, ou encore qui permet de repousser vers la droite des mots plus importants ; il peut appartenir à n'importe quelle catégorie grammaticale et ne porte pas d'accent :
Vor diesem Hintergrund musste der Kanzler Verhandlungen in die Wege leiten.
In zwei Monaten hatte es nur einmal geregnet.
Viele waren stehen geblieben, davon war ich überzeugt.
b) La règle générale connaît des exceptions. Le locuteur peut placer aussi en tête d'énoncé un élément non négligeable, déjà connu ou logique dans le contexte évoqué ; cet élément est à la fois mis en valeur et mis à la seconde place par un accent secondaire situé au-dessous de la ligne mélodique (oft, versprochen, sauber, befördert) :
Oft kam er nicht, höchstens alle zwei Monate.
Versprochen habe ich nichts, so dumm bin ich nicht!
Sauber war nur das Wohnzimmer, nicht einmal die Küche.
Er blieb Oberleutnant. Befördert wurden nur die Offiziere, die deutlich rechts standen.
c) Dans un but de mise en valeur particulière, parfois avec une forte connotation affective, un élément peut être placé en tête de phrase ; il devient alors porteur de l'information principale et se trouve suraccentué à la fois par l'intensité et la hauteur mélodique ; d'autres éléments peuvent porter un accent secondaire :
Dich will ich sprechen, und zwar sofort !
(C'est à toi que je veux parler, et tout de suite encore !)
Arbeiten sollst du jetzt, nicht spielen !
(Maintenant, tu dois travailler, pas jouer !)
d) Il peut arriver aussi que, sans être suraccentué, l'élément placé en tête de l'énoncé porte l'information principale et donc l'accent de phrase, d'autres mots pouvant avoir un accent secondaire. Cet élément est parfois mis en valeur par un adjectif ou un adverbe (accents principaux sur : große, Deutsche, Opfer ; accents secondaires sur : Einzigen, herausgehoben, Bescheid, wussten) :
Schon in der Spätantike gab es Artisten und Zauberer, die groß und einzig zu sein beanspruchten… Auch große Philosophen wurden zuweilen von ihren Kreisen für die Einzigen gehalten und herausgehoben. (Karl Jaspers)
(Il y a eu aussi de grands philosophes qui…)
Wie viele Deutsche wussten Bescheid? Viele wussten nicht, was die Nazis in den KZs taten, ihre Opfer aber wussten es. (mais leurs victimes, elles, le savaient).
e) Les mots qui expriment la conséquence, l'opposition ou la suite d'un énoncé ne pourront, logiquement, être en tête de la première proposition ; il s'agira par exemple des conjonctions de coordination, ou des adverbes tels que infolgedessen, trotzdem, etc. On se rappellera que l'adverbe explicatif nämlich et l'expression im Gegenteil ne sont jamais en tête d'aucune proposition.
2. La structure régressive du groupe verbal
1 Quand l'idée que l'on veut exprimer nécessite l'emploi d'un verbe accompagné d'éléments indispensables, on parle de groupe verbal (GV). Ainsi, la structure nach Hause gehen est un groupe verbal : l'idée ne peut pas être exprimée par le seul noyau verbal gehen.
Si l'on dit : „Mein dreijähriger Sohn wollte gestern in unserem Bett schlafen”, on remarque qu'on peut enlever un élément sans détruire l'idée globale : gestern. Ce mot ne fait donc pas partie du groupe verbal. Le sujet (mein dreijähriger Sohn) est un groupe nominal (GN) composé de trois éléments. Le GV est donc : "in unserem Bett schlafen."
Or, on constate que l'allemand peut rajouter des éléments à ce GV en partant de la droite, donc en allant de droite à gauche ; on parle dans ce cas de structure régressive.
Reprenons l'exemple ci-dessus et ajoutons une information :
Mein dreijähriger Sohn wollte gestern mit seinem Teddybär in unserem Bett schlafen.
Un nouveau groupe verbal a été formé, parce que l'idée a été élargie. Autre exemple :
Warum wollte Hanna sofort nach Hause gehen?
Sie wollte wegen Magenbeschwerden sofort nach Hause gehen.
L'information nouvelle (les maux d'estomac) s'est placée à gauche du dernier élément du GV (sofort nach Hause gehen) ; étant importante, elle est intégrée au GV et porte le nouvel accent de celui-ci. Cette notion de structure régressive complète et nuance la première règle, selon laquelle l'information essentielle est située en fin d'énoncé.
2 De même qu'un nouvel élément peut intégrer le GV, un élément ancien, situé à droite, peut sortir du GV et, désaccentué, être repoussé vers la gauche quand il n'est plus considéré comme essentiel au sens de l'énoncé (ici auf dem Land) :
Er wusste, dass sie im Winter auf dem Land lebten; er wusste aber auch, dass auf dem Land nicht alle arbeiten konnten.
3 Toutefois, les composants d'un GV indiquant un locatif, une direction, une provenance, ne pourront pas sortir de ce GV et ne seront pas dissociés du noyau verbal, donc resteront à leur place, même si on ajoute d'autres éléments.
Cette règle s'applique aussi aux compléments au génitif, aux éléments d'une locution (ex: in Frage stellen, einen Alleingang machen) et, le plus souvent, aux compléments d'un verbe régissant une préposition précise (ex: warten auf ) :
Er verstand nicht alles, weil er aus der Türkei stammte.
Er verstand nicht alles, weil er wie viele im Dorf aus der Türkei stammte.
Du kannst dir vorstellen, dass ich in diesem Punkt deiner Meinung
bin.
Es schien, als ob er manchmal des Lebens müde wäre.
Es ist klar, dass der Tod des Ingenieurs das eben erwähnte Programm mehr oder weniger in Frage stellt.
Die BRD kann es sich nicht leisten, unter den gegebenen Umständen einen Alleingang zu machen.
Es ist nicht normal, sagte er, dass wir auf die Gäste warten müssen.
Es ist nicht normal, sagte er, dass wir so lange auf die Gäste warten müssen.
Sie hatte sich um seine Kinder gekümmert.
Sie hatte sich auch während der langen Wintermonate um seine Kinder gekümmert.
4 Quand un élément d'information, déjà mentionné, est remplacé par un pronom précédé d'une préposition ou un démonstratif adverbial (nommé anaphorique, qui peut aussi remplacer toute une proposition), celui-ci, non accentué, reste le plus souvent à côté du noyau verbal ; une information nouvelle, accentuée, sera placée à sa gauche :
Sie waren gute Freunde. Ich konnte stundenlang mit ihnen sprechen.
Sie wollten auf den Vater warten. Sie wollten alle auf ihn warten, auch die Kleinkinder, die plötzlich so ruhig waren.
Der König wollte nicht auf seine Privilegien verzichten ; nein, er wollte er unter keinen Umständen darauf verzichten.
Er sortierte oft alte Papiere. Er war manchmal den ganzen Abend damit beschäftigt.
a) Cet anaphorique peut aussi être parfois supplanté par l'élément considéré comme le plus important et glisser vers la gauche de l'énoncé, voire au début ; on retrouve alors la tendance générale à mettre à droite l'information nouvelle :
Jahrelang hatte er an seinen alten Onkel geschrieben. Nun dachte er an ihn nur noch ab und zu, und für lange Briefe hatte er keine Zeit mehr.
Die Regierung hatte lange mit der Zustimmung der Gewerkschaften gerechnet. Damit konnten aber seit dem Zwischenfall weder der Kanzler noch seine Minister
rechnen.
b) Cela ne concerne pas l'anaphorique d'un complément au génitif, qui ne sera jamais déplacé (ici : ihrer) :
Maria wusste, was er für sie getan hatte. Die langen Jahre über hatte er sich in guten wie in schlechten Zeiten ihrer angenommen.
c) L'exception confirmant la règle, un anaphorique peut également être déplacé en tête d'énoncé afin de porter l'information (et donc l'accent principal) :
Der König entließ den populären Finanzminister. Gerade darauf hatte der ehrgeizige General gewartet: Er ließ seine Truppen in die Hauptstadt einmarschieren.
Tina kommt in 14 Tagen zu uns: Darauf freue ich mich, alles andere ist nebensächlich.
3. La négation de l'énoncé
Elle est complexe, le locuteur allemand faisant beaucoup d'exceptions aux règles générales au gré de son intention ; mais on ne peut pas tout se permettre non plus. Elle présuppose la compréhension du groupe verbal (GV) et doit être étudiée de pair avec l'accent des propositions. Disons d'emblée que, la négation se place le plus souvent devant le rhème, donc devant l'information principale de la phrase, qu'il s'agisse d'un groupe verbal (GV) ou nominal (GN).
1 Quand le GV est nié, la négation, qui est un modificateur du GV et est rarement accentuée, se place devant le dernier élément de celui-ci, le plus souvent repérable grâce à l'accent du groupe ; elle est toujours posée après le ou les compléments qui ne font pas partie du GV (et donc non accentués) :
„Der Buchstab ist nicht der Geist”, das ist Lessings Satz und Position. (Thomas Mann)
Drei Jahre nach der Scheidung wollte sie nicht mehr in Bamberg wohnen.
Die Nachbarn waren schließlich nicht nach Italien gefahren, dazu hatte das nötige Geld gefehlt. Sie hatten auch kein Auto gekauft.
Zu dieser — allerdings äußerst heiklen — Frage wollte er keine / nicht Stellung nehmen.
Die Großmutter konnte sich nicht mehr eines Kindes annehmen.
Er sagte, er wolle an diesem Nachmittag nicht arbeiten.
Sie meinte, man könne im Schlafwagen überhaupt nicht schlafen.
Er hatte den Opel nie verkauft, aus welchem Grund auch immer.
Martha wollte ihrem Nachbarn nicht helfen.
Ich habe die Zeitungen nicht kaufen können.
2 Pour qu'il n'y ait pas de confusion avec la négation du groupe nominal (GN), la négation se place après le complément à l'accusatif ou au datif (appelé actant), élément du groupe verbal accentué, quand il est défini (1) — sauf dans le cas d'expressions idiomatiques (2) :
Sie sind nicht gekommen, ich weiß den Grund nicht. (1)
Er galt als kaltherzig, weil er seiner Mutter nicht helfen wollte.(1)
An diesem Tag trug er seine Brille nicht. (1)
Seine Verwandten denunzieren? Nein, er hatte nicht den Mut dazu. (2)
Sie haben aber nicht die Wahrheit gesagt, Herr Kollege! (2)
Ich bin sicher, dass er auch nicht die Flucht ergreifen wird. (2)
3 La négation peut toutefois être placée devant un actant à l'accusatif ou au datif, défini et accentué, dans trois cas :
1) quand le locuteur veut le mettre particulièrement en valeur, si
la confusion avec la négation du GN est exclue ;
2) avec des groupes nominaux formés de plusieurs éléments ;
3) quand l’actant accentué est antécédent d’une relative :
Mama, verbrenn' dir nicht die Finger! (1)
(A côté de : Mama, verbrenn' dir die Finger nicht!)
Die Methode darf aber nicht das Ziel verbauen! (1)
(A côté de : die Methode darf aber das Ziel nicht verbauen!)
Das wird aber nicht den Untergang einer ganzen Kultur bedeuten. (2)
Marx schildert hier nicht mehr die Welt des unterbezahlten Proletariats. Er setzt sich mit anderen Fragen auseinander. (2)
Er besuchte nicht den Arzt, der um die Ecke wohnte, sondern fuhr in die Stadt. (3)
4 Le dernier élément du GV, donc le plus à gauche, devant lequel sera placée la négation, n'est pas toujours accentué ; il s'agit souvent d'un modificateur (adverbe, complément d'agent ou de moyen) (1) ou du complément prépositionnel anaphorisé, c'est-à-dire remplacé par un pronom ou un démonstratif tel que dazu, damit, etc. (2) ; il faut parfois analyser la phrase attentivement :
Der Junge konnte nicht mit seinem Fahrrad in die Schule fahren, er war krank und blieb zu Hause. (1)
(Le nicht placé devant in die Schule indiquerait qu'il peut quand même faire du vélo !)
Sie wollte ihm nicht durch eine dumme Bemerkung den Abend verderben. (1)
(comparer à :
sie wollte ihm wegen ihrer Liebe nicht schaden.
Dans ce second exemple, le complément introduit par wegen
ne fait pas partie du GV)
Er fuhr nicht oft in die Heimat, brachte aber jedesmal viele Geschenke mit. (1)
Er ist nicht dazu fähig, das wissen wir alle! (2)
Ich habe nichts damit zu tun! (2)
Es war gefährlich, wir konnten ihn aber nicht daran hindern. (2)
5 La négation peut être parfois déplacée vers la droite et placée après le dernier élément du GV non accentué, si le locuteur veut donner à cette négation un poids particulier :
Er wollte mit diesen Leuten nichts mehr zu tun haben.
Schließlich hatte er auf sie nicht warten können.
Mit schönen Worten allein kann ich aber nichts anfangen.
6 La négation est déplacée vers la gauche dans deux cas :
quand elle accompagne une question rhétorique, donc n'appelant pas de réponse (1) ;
quand elle s'applique à un auxiliaire ou un verbe de mode, qui
porte alors souvent l'accent principal (2), mais pas toujours (3) :
Wir dürfen ihn nicht vergessen : Hat er nicht die Republik gerettet? Ist er nicht der beste von allen? (1)
Eine Heldin war sie : Hatte sie nicht früher unter dramatischen Umständen ihr Leben riskiert? (1)
Er wird nicht heute Nachmittag kommen, er ist schon angekommen! (2)
Ich muss nicht jetzt in die Stadt fahren, ich habe einfach Lust dazu! (2)
Du solltest nicht die Kinder auf die Straße gehen lassen. (3)
* Un verbe conjugué, situé en 2è position, que l'on oppose à un autre, peut être également dans ce cas et donc accentué et suivi immédiatement de la négation ; cette construction s'explique parfaitement par le contexte :
Ich fahre nicht heute nach London, ich fliege.
Ohne Glauben erfolgt keine Einsicht. Die Einsicht aber beseitigt nicht den Glauben, sondern befestigt ihn. (Karl Jaspers citant saint Augustin in Die großen Philosophen)
7 Quand la négation concerne un seul élément (groupe nominal, pronom...), elle est placée devant celui-ci, qui est alors accentué ; on parle alors de négation partielle, ce qui ne présente aucune difficulté ; le terme nié est suivi de celui qui le remplace :
Ich habe nicht meinen Sohn ertappt, sondern deinen!
Sie hatte nicht den Brief geschrieben, nur das Telegramm.
Nicht die Gesunden brauchen den Arzt, sondern die Kranken. (Matthäus, 9, 12)
Sie brachten nicht das erwartete Buch mit, sondern eine Flasche Wein.
* La négation partielle peut être parfois postposée, particulièrement lorsqu'elle porte sur un pronom. Le second terme de remplacement est alors souvent absent. C'est l'accent, qui, restant sur le mot concerné, permet d'identifier cette négation partielle :
Ich habe es nicht gesagt. Sie hat nicht gelogen. (Ce n'est pas moi qui ai dit cela)
Die Starken bedürfen des Arztes nicht, sondern die Kranken. (Luther, Mt. 9,12)
(il y a une pause après Starken et un second accent sur bedürfen)
4. L'enclavement et le désenclavement
1 L'enclavement de l'infinitif complément
a) Dans une subordonnée complétée par une infinitive, le verbe se place devant cette infinitive, séparée de la subordonnée par une virgule ; l'infinitif n'est donc pas enclavé entre le sujet et le verbe conjugué (ici : er sich bemüht) :
Ich freue mich, dass er sich bemüht, das Problem zu regeln.
b) Après plusieurs verbes, qui ne sont jamais suivis d'une virgule, il n'y a pas de proposition infinitive mais un infinitif complément : Dans une subordonnée, le verbe conjugué se place toujours après l'infinitif, qui est donc enclavé ; il s'agit principalement de :
brauchen, glauben, pflegen (avoir l'habitude de), scheinen (sembler), suchen, vermögen (être capable de), verstehen, wissen :
Er reagiert so, weil er immer alles zu meistern glaubt.
Ich war überrascht, als er meine Worte nicht zu verstehen
schien.
Es war klar, dass er uns zu belügen suchte.
Wir stellen fest, dass der Kanzler seine Arbeit zu würdigen versteht.
Sie lachte, da sie nun die Arbeit nicht mehr zu tun brauchte.
* La nouvelle orthographe autorise la virgule après glauben :
Er glaubt(,) ihn zu kennen.
c) Cette construction est possible avec de nombreux verbes, et fréquente avec certains verbes, notamment, anfangen, aufhören, beginnen, beschließen, drohen, hoffen, versuchen, wagen, wünschen :
Ich merkte, dass er versuchte, mich zu betrügen / dass er mich zu betrügen versuchte.
d) On peut trouver également un infinitif enclavé dans des structures relevant de la langue familière, à ne pas employer avec un niveau de langue plus relevé : Sie hat die Tochter Brot holen geschickt.
Er ist sich das neue Stück ansehen gegangen.
* L'expression "ich war einkaufen" est certes courante mais incorrecte, donc à éviter, tout comme les structures familières avec tun : "jetzt tu' ich spülen".
2 L'enclavement de la relative
a) Une subordonnée relative peut être enclavée ; c'est une question de clarté de l'énoncé et d'intention du locuteur ; si l'antécédent est en tête de phrase, il y aura toujours enclavement :
Ich werde den Leuten, die sich an mich gewandt haben, so schnell wie möglich helfen.
Einige, die mich kannten, meldeten sich.
Der Mann, der als erster sprach, war Schweizer.
Er hörte dem Alten, der einen Hut trug, lange zu.
* Si la relative n'apporte qu'une information secondaire, l'antécédent est accentué (ici, Einige, Alten) ; cet antécédent n'est pas accentué si la relative sert à l'identifier (ici, Leuten et Mann).
b) L'enclavement n'est pas souhaitable s'il conduit à des phrases trop imbriquées :
Wenn Sie mit denen, die sich bemüht haben, den Konflikt zu lösen, auch wenn sie kritisiert wurden, geredet hätten, würden Sie anders reagieren.
(mieux : Wenn Sie mit denen geredet hätten, die sich bemüht haben, den Konflikt zu lösen, auch wenn sie kritisiert wurden …)
3 Le désenclavement
a) Pour des raisons de clarté ou de style, le verbe ou sa particule séparable sont parfois déplacés à gauche, parce que la place de droite doit être occupée par d'autres éléments, qui ne sont donc plus enclavés entre le sujet et l'élément verbal :
Dann gingen die Kinder fort bis zum Teich, der in der Ferne zu sehen war.
Le déplacement de fort est facultatif ; la construction "habituelle" est :
Dann gingen die Kinder bis zum Teich fort, der in der Ferne zu sehen war.
Autres exemples :
Sie gingen hinaus auf den Balkon, der mit Geranien geschmückt war.
Lassen Sie sich nicht beirren durch die Oberflächen; in den Tiefen wird alles Gesetz. (Rilke, Briefe an einen jungen Dichter)
Die Philosophie hat sich herausgearbeitet aus dem ursprünglichen Ganzen geistigen Tuns, in dem Denken und Dichtung mit Religion und Mythus noch eines sind. (Karl Jaspers, Die großen Philosophen)
Le désenclavement des substantifs — ou l'avancée de hinaus, beirren, herausgearbeitet vers la gauche — met ces substantifs en valeur et clarifie l'énoncé.
b) Le déplacement de l'auxiliaire est obligatoire quand il concerne un verbe de mode à l'infinitif portant sur un autre infinitif :
Er sagte mir, dass seine Eltern uns hätten helfen können.
Ich weiß, dass er uns wird begleiten wollen.
c) Le désenclavement du second élément d'une comparaison est quasiment la règle :
Ich frage Sie, weil Sie viel klüger sind als ich.
Er ist der Chef, weil er viel älter ist als die anderen.
Er teilte uns mit, dass er noch kränker sei als seine Frau.
(mais on peut dire aussi : dass er noch kränker als seine Frau sei).
d) Le désenclavement peut concerner aussi, mais plus rarement, le complément d'un adjectif accompagné d'une préposition, quand ce complément est habituellement placé avant l'adjectif :
Das war aber gar nicht identisch mit dem, was sein Vater unter „Beruf” verstand.
Wir sind zufrieden mit Ihrer Arbeit, sagte mir der Personalchef.
Ich bin nicht schuld an einem Versagen, das ich vorausgesagt hatte.
Construction plus courante :
mit etwas identisch, zufrieden sein ; an etwas schuld sein.
e) Le cas du substantif complément repoussé à droite de la négation peut être également considéré comme une sorte de désenclavement (ici das törichte Gerede, diese Fragen der Menschen) ; cette construction est assez rare :
Wenn wir einsehen, dass die Zeit erst mit der Schöpfung begonnen hat, dann dulden wir nicht mehr das törichte Gerede, diese Fragen der Menschen, die in sträflicher Neugierde mehr wissen möchten, als sie verstehn. (Karl Jaspers citant saint Augustin in Die großen Philosophen).
5. Les énonciatives bipolaires
1 Nous regroupons sous ce néologisme un bloc de deux propositions, qui sont sur le plan de la forme des indépendantes à verbe second, et reliées entre elles par un anaphorique (donc un mot qui rappelle ce qui précède) : pronom démonstratif ou adverbes, les plus fréquents étant da et dann. L’information globale nécessite la présence des deux propositions, mais c’est la seconde qui est décisive, donc constitue le rhème. Exemples :
Kaum hatte ich geklingelt, da kamen die Kinder an die Tür.
Am Brunnen vor dem Tore,
da steht ein Lindenbaum.
Manchmal schneite es, dann holten wir den Schlitten aus dem Keller.
2 Les énonciatives bipolaires reliées par un pronom en d- ont l’apparence d’une principale suivie d’une relative où le verbe serait, par licence, désir d’effet, ou niveau de style relâché, placé en seconde position. Il y aurait donc exception à la règle. Ce cas de figure est fréquent dans les contes et les Volkslieder. Exemples tirés de Grimm :
Es war einmal eine alte Geiß, die hatte sieben junge Geißlein. (Gebrüder Grimm, der Wolf und die sieben Geißlein)
Einem reichen Manne, dem wurde seine Frau krank… (Gebrüder Grimm, Aschenputtel)
Exemples tirés de Volkslieder et d'un poème humoristique :
Wenn der Wein glüht
Ist es schön an der Donau (…)
Und die Pärchen,
Die haben sich so gerne
Und wollen gar nicht mehr nach Hause gehn.
Drei Lilien, drei Lilien,
Die pflanz’ ich auf mein Grab.
Da kam ein stolzer Reiter
Und brach sie ab…
Drei weiße Birken
In meiner Heimat stehn,
Drei weiße Birken,
Die möcht’ ich wiedersehn.
Rote Husaren, die reiten,
Die reiten niemals, niemals Schritt;
Herzliebes Mädchen
Du kannst nicht mit.
Der alte Herr von Liechtenstein
Ja, ja, ja !
Der konnte nicht alleine sein,
Nein, nein, nein…
Es war einmal ein treuer Husar
Der liebt' sein Mädel ein ganzes Jahr
Ein ganzes Jahr und noch viel mehr
Die Liebe nahm kein Ende mehr…
In Hamburg lebten zwei Ameisen,
Die wollten nach Amerika reisen.
In Altona aber auf der Chaussee
Da taten ihnen schon die Füße weh.
Da verzichteten sie ganz weise
Auf den letzten Teil der Reise.
On pourrait penser, dans le cas des Volkslieder ou poèmes, qu’il s’agit bien de relatives, la rime ou l’intonation décidant de la place du verbe. C’est en effet le cas dans la première strophe de Lili Marleen :
Vor der Kaserne
Vor dem großen Tor
Stand eine Kaserne
Und steht sie noch davor.
Mais cette explication n’est pas pertinente ici : La première strophe de Drei Birken devrait comporter un autre verbe pour compléter la principale si le bloc „Die möcht’ ich wiedersehn” était une relative ! Donc nous avons bien affaire à deux énonciatives reliées par un pronom démonstratif. Le même problème se poserait pour le début de Cendrillon (Aschenputtel) : „Einem reichen Manne” n’a pas d’autre détermination que la seconde énonciative : „dem wurde seine Frau krank”. Nous remarquons que ce pronom démonstratif, qui fait le lien avec la première énonciative (elliptique quand, privée de verbe, elle est réduite au syntagme nominal) est le plus souvent non accentué.
3 Ces énonciatives bipolaires se trouvent aussi bien dans le Simplicissimus de Grimmelshausen („Auch waren etliche, die hielten mich für einen Narren”) que dans le contexte de slogans publicitaires modernes :
Es gibt Dinge, die kann man nicht kaufen. Für alles andere gibt’s Mastercard.
Es gibt Angebote, da kann man einfach nicht nein sagen.
4 La présence de cette construction chez des auteurs tels que Rainer Maria Rilke ou Alfred Andersch ne permet pas de soutenir la thèse de la relative avec verbe second par relâchement de la langue :
Da sind Leute, die tragen ein Gesicht jahrelang. (Rilke, Die Aufzeichnungen des Malte Laurids Brigge)
Ich habe Stammkunden aber sie interessieren mich nicht sehr (…) Aber heute abend ist ein Kunde gekommen, der hat mich interessiert. (Andersch, Fahrerflucht).
L’explication apportée par René Huard (auquel sont empruntés ces exemples) est lumineuse : Il n’y a pas de relative à verbe second, mais des énoncés reliés par un démonstratif, cette configuration permettant de placer nettement l’information réelle dans la seconde énonciative, qui constitue donc ce qu’on appelle le rhème : Ainsi dans le dernier exemple, l’information est l’intérêt éveillé par le client, et non le fait qu’un client soit venu. La publicité pour la mastercard met l’accent sur le fait que certaines choses ne s’achètent pas, et non pas sur le fait que ces choses existent.
5 Dans le cas d’une relative, l’information essentielle est souvent indiquée dans la principale, qui, dans tous les cas, n’est pas négligeable. Dans le cas d’énonciatives bipolaires, le premier segment est repris dans le second par l’anaphorique et a un rôle secondaire. Le locuteur aura donc le choix, par la place du verbe, entre deux catégories d’énoncés exprimant des nuances importantes. Exemple:
Ich sah viele Menschen, die verzweifelt waren. (1)
Ich sah viele Menschen, die waren verzweifelt. (2)
Dans le (1), l’idée transmise est la vision de gens désespérés, avec le sous-entendu possible : parmi d’autres qui ne le sont pas.
Dans le (2), le désespoir de toutes les personnes vues est l’information première.
(Cf. René Huard, « il n’y a pas de relative à verbe second » in Nouveaux Cahiers d’Allemand, n°2 et 3, 2006)
Retour au début
|
|